| LE VÉLO DANS LE VIDAL de - Dr Jean Pierre de Mondenard - magazine "sport et vie" n°80 - (13-11-2003) | Lorsqu'on discute de dopage avec des personnes non spécialistes, il apparaît très vite que la plupart des gens justifient ou même excusent le recours aux médicaments interdits par des charges de travail élevées. Ils montrent ainsi plus d'indulgence pour les coureurs dont les exploits dépassent souvent l'entendement que pour les sprinters, par exemple, qui courent sur des distances qui parle moins à l'imaginaire. Cette façon de voir les choses revient à considérer le métier de sportif professionnel comme une sorte de maladie, accordant du même coup au dopage des vertus presque thérapeutiques. On pourrait croire que ce sentiment a été motivé récemment par l'inflation des performances. Mais pas du tout ! En parcourant des documents anciens, je suis tombé sur une trouvaille vraiment étonnante qui atteste de sa prédominance déjà avant la Première Guerre mondiale. Il s'agit du Kolayo®, un médicament à base de kola (caféine) et de coca (cocaïne) qui figure dans la première édition du dictionnaire du médicament Vidal en 1914. A la rubrique "indications", on peut lire en toutes lettres "tonique et stimulant pour cyclistes" au milieu d'une kyrielle de maladie comme l'anémie, la chlorose, la débilité générale, le diabète, la neurasthénie, etc. Déjà à l'époque, on avait le sentiment qu'au delà d'une certaine intensité d'effort, le sport nécessitait une prise en charge au même titre que n'importe quelle pathologie !
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